Clameur publique

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Le 29 Décembre 2017, décédait Mme Naomi Musenga, faute d’avoir été prise en charge par les services d’urgence. Ce fait divers est regrettable voire insupportable pour certains. Car nous redoutons tous de pâtir un jour de tels dysfonctionnements. #JeSuisNaomi. Hier, j’ai regardé la conférence de presse des Musenga. Un père, une mère et une soeur très dignes dans la douleur et l’incompréhension. Mais il fallait tendre l’oreille… Voici quelques unes de mes réflexions, en vrac. Comme toujours, nous en débattons avec courtoisie et dans le respect de chacun… 😉


  • « Noémie » :

« Mort de Naomi », « les opératrices se moquent de Naomi »… En quelques heures, les médias s’approprient la victime.

Non, je ne suis pas Naomi. Et j’estime que cette jeune femme doit être respectée jusque dans la mort. Cette affaire n’est qu’un fait divers. Il faut raison garder.

  • La chronologie des faits :

Mlle Musanga est morte le 29 Décembre. Mais ce n’est que le 9 Mai que la presse en parle. En début de conférence, M. Musanga remercie les médias pour leur aide sans laquelle il n’aurait pu obtenir des réponses sur la mort de son enfant.

Ma première réaction est d’abonder. Mais M. Musanga renouvelle ses remerciements ; cette insistance me gène. Mon oreille se dresse. Et je réalise que la famille Musanga a mandaté la presse pour qu’elle ébruite l’affaire. C’est elle qui est allée voir les journalistes .

  • Lynchage :

La presse s’emballe ; l’opinion s’émeut. L’enregistrement est publié sur internet. Chacun veut connaître les détails de l’histoire. Parfois même, l’identité de l’opératrice qui se moque de Mlle Musanga et refuse de la prendre en charge. Twitter répond à la demande et révèle ce nom tant détesté. Qui a « balancé » ? Tout le monde s’en moque. L’opératrice est jugée, condamnée et lynchée sur la place publique.

Je n’en reviens pas. J’ai la nausée. Les deux opératrices sont jetées en pâture à la vindicte populaire. Je ne peux m’empêcher de me demander si la famille Musanga s’attendait  à de tels dérapages. Etait-ce ce qu’elle voulait ?

  • Appel au calme :

Les réseaux sociaux se déchaînent. Une marche blanche est organisée en mémoire de la victime. Ce matin, ses frères lancent un appel au calme. Il se dit que les manifestants ont « la colère ».

Là encore, je m’interroge . Les médias, nous le savons, n’ont aucune conscience. Les vitres brisées et les voitures brûlées feront de l’audience et vendre du papier. Mais la famille ? Est-ce ainsi qu’elle obtiendra des réponses ? Ne tente-t-elle pas d’allumer cette petite mèche incendiaire que nous connaissons tous ? N’est-ce pas une forme de chantage des pouvoirs publics ?

Dans l’Antiquité, le clamor publicus permettait à une population mobilisée par un cri judiciaire de saisir un criminel en flagrance et d’exiger son prompt jugement. Cette semaine, la clameur publique s’est emparée de la mort de Naomi Musanga.

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iotop
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iotop

Bonjour,
Cela me rappelle cette fameuse phrase : « .Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie »…
Max-Louis

Annawenn
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Annawenn

Loin de tout et surtout des médias et des réseaux sociaux, j’ai entendu ça hier soir en discutant avec une copine.
Comme quoi il y a une « demande » qui se nourrit du malheur.
Encore une fois, des inconnus vont monter deux camps selon la cause qu’ils estiment »juste ».
Me concernant, c’est un faux débat et je ne me pencherai pas plus que ça sur cette question.
Bon weekend