Huawei nous espionne-t-il ?

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Créée et présidée depuis 1988 par Ren Zhengfei, un riche entrepreneur issu de l’armée et membre du parti communiste chinois,  Huawei est  le 2e constructeur mondial de smartphones. Son capital étant détenu par ses salariés à travers un système de stock options, Huawei n’est pas cotée en bourse. En 2013, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 40 milliards de dollars.

Depuis toujours, la société Huawei est accusée de copier les technologies occidentales. Mais aussi de pratiquer le dumping de ses produits sur le marché européen (l’Union Européenne n’a jamais pu le prouver). Et, depuis quelques mois, de nous espionner pour le compte du gouvernement chinois.

Explications…

Le programme « Made in China 2025 »

Ce programme, qui vise à faire de la Chine une référence mondiale en matière d’innovation et de nouvelles technologies repose sur le développement de la 5G. La Chine considère que cette technologie de communication, qui permettra de connecter tous les objets qui nous entourent, constitue le terreau essentiel pour développer les géants du Net de demain. Voilà pourquoi Huawei est devenu le leader mondial dans ce domaine. Une menace pour Washington, qui craint de perdre son leadership technologique et économique.

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L’arrestation de Meng Wanzhou…

Née le 13 Février 1972 à Chengdu, Meng Wanzhou est la Vice-présidente du conseil d’administration et directrice financière de la société Huawei. Elle est aussi la fille de Ren Zhengfei.

A l’initiative de la justice américaine, Meng Wanzhou fut arrêtée au Canada le . Les Etats-Unis l’accusent d’avoir fraudé plusieurs institutions financières, en violation des interdictions imposées par les États-Unis de traiter avec l’Iran. La firme chinoise aurait aussi tenté de voler entre 2012 et 2014 des secrets commerciaux à l’entreprise de téléphonie américaine T-Mobile.

Le 12 Décembre, elle fut  remise en liberté sous caution.  Depuis, Meng Wanzhou porte un bracelet électronique. Son extradition sera examinée le mois prochain.

23 chefs d’inculpation… et des soupçons d’espionnage

Violation de l’embargo américain sur l’Iran, association de malfaiteurs, fraude financière, blanchiment d’argent, entrave à la justice et violations des sanctions, vol de secrets commerciaux, de fraude électronique et d’entrave à la justice, vol des  secrets industriels de T-Mobile (l’un des principaux opérateurs aux USA)… Ce lundi 28 Janvier, la justice américaine a énoncé pas moins de 23 chefs d’accusation contre Huawei, Huawei Device USA Inc, Skycom (la filiale iranienne de Huawei) et Sabrina Meng Wanzhou.

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Partout dans le monde, la méfiance s’est installée. Car Huawei est soupçonnée « de servir secrètement Pékin en lui ménageant des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications« . Aussi certains pays comme les USA, l’Australie et le Japon ont-ils exclu Huawei des négociations sur le développement de la 5G. En France, Paris dit « réfléchir » et préférer « actionner d’autres leviers » comme l’interdiction de se servir des produits de Huawei dans les cœurs de réseaux des opérateurs français, ou l’empêcher de se déployer en Île-de-France (où est concentré un grand nombre de lieux de pouvoirs). L’Allemagne, quant à elle, dit vouloir privilégier « un renforcement des mesures de sécurité et de contrôle des équipements télécoms. »

Une déclaration de guerre

Ces mesures ont suscité la colère de Pékin qui les a qualifiées de « discriminatoires ». Depuis l’arrestation de Meng Wanzhou, le gouvernement chinois s’efforce de défendre Huawei . Le 28 Janvier (jour de l’annonce des chefs d’inculpation contre le groupe),  l’ambassadeur chinois auprès de l’Union européenne s’est montré particulièrement virulent dans les colonnes du Financial Times :

« Aujourd’hui, on ne ménage aucun effort pour inventer une histoire de sécurité sur Huawei. Je ne pense pas que cette histoire ait quoi que ce soit à voir avec la sécurité. Les tentatives visant à limiter ou à empêcher Huawei de déployer ses équipements auront de lourdes conséquences sur la coopération économique et scientifique mondiale. Il y a derrière tout cela de fortes visées politiques, des manipulations politiques. Les États-Unis cherchent avant tout à brimer (la Chine) dans le secteur technologique. Tout le monde peut voir très clairement quel est leur objectif réel . »

Depuis l’arrestation de Meng Wanzhou, les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor ont été arrêtés en Chine et sont détenus depuis le mois de décembre. Pékin les a accuse d’avoir mis en danger la sécurité nationale.

Et  maintenant ?

Le Canada a 30 jours pour délivrer « un arrêté introductif d’instance », qui ouvrira officiellement le début de la procédure d’extradition de Meng Wanzhou.

Le Canada se prépare à de fortes turbulences. « Mme Meng, c’est la royauté chinoise, il faut donc s’y attendre  » a déclaré l’ancien ambassadeur canadien en Chine.

L’Europe retient son souffle !

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PZ4270Moustic Auteurs de commentaires récents
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Moustic
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Moustic

Il est scandaleux d’aller chercher des constructeurs d’équipements de réseaux étrangers, seraient ils dans l’UE, cela irait mais là .. Que ce soit les chinois ou les américains ont serait dans le même soupçon.
Rappelons nous, nous avions des compétences dans ce domaine , vendues par des imbéciles.

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Le bonhomme chinois — Nemo Auditur

[…] Il y a quelques jours, j’évoquais les soupçons d’espionnage à l’égard de Huawei. Et j’écrivais que « partout, […]