Le cycle de la vie đŸŒș

Nous nous trouvons quelques fois misĂ©rables de voir autour de nous une nature immortelle, tandis que nous dĂ©pĂ©rissons chaque jour ; si, au contraire, nous Ă©tions immortels, et que la nature vieillĂźt et se dĂ©gradat sans se rĂ©parer, nous aurions raison de nous plaindre. Comment une vie Ă©ternelle pourrait-elle se soutenir par des jouissances caduques ? Mais la nature se renouvelle sans cesse ; et si elle dĂ©truit successivement chacun de nous, c’est pour tirer de meilleures vies de notre mort. Elle ne se plait pas dans un cercle monotone de crĂ©ations et de destructions ; elle ne se contente pas de tirer sans cesse les mĂȘmes harmonies des mĂȘmes objets, comme un peintre mĂ©diocre qui peindrait toujours le mĂȘme site, comme un musicien peu habile qui jouerait toujours le mĂȘme air, comme un poĂšte sans imagination qui composerait toujours le mĂȘme drame ; elle varie sans cesse ses scĂšnes, ses tableaux, ses caractĂšres. Un mĂ©canicien ingĂ©nieux dispose ses tuyaux harmonieux dans une boĂźte ; il y fait correspondre des notes saillantes, qu’il fiche sur un cylindre suspendu Ă  un essieu : il le fait mouvoir ; et aussitĂŽt, on entend un air agrĂ©able.

Bernadin de St Pierre (1815)

Photo : mon abricotier, ce matin 🙂

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Je te souhaite de beaux abricots bien juteux ! 🙂