Le trublion Glanz

Gaspard Glanz. Né le 22 Avril 1987 à Strasbourg. Journaliste et reporter français. Sur son profil Twitter, l’on peut lire qu’il aime  » 🔥 respirer l’odeur du gaz lacrymogène, le matin» .

Journaliste ? Il n’a pas de carte de presse. Et selon Wikipedia , »Gaspard Glanz est autodidacte en journalisme ». En 2011, il fonde le site d’informations Taranis News. Liberté, égalité, full HD.  Il s’agit de street journalisme, à l’adresse de jeunes lecteurs très portés sur les médias sociaux. Notre Dame des Landes et Nuit Debout seront abondamment couverts par Gaspard Glanz.

2015,2016, 2017… Gaspard Glanz est tantôt placé en garde à vue, tantôt sous contrôle judiciaire et même fiché S pour appartenance à  » la mouvance anarcho-autonome et susceptible d’action violente« . A chaque fois, il refuse de remettre aux services de police les images qu’il a filmées de l’évacuation de la jungle de Calais ou des manifestations en France. Il se dit menacé sur les réseaux sociaux et dénonce un « harcèlement judiciaire ».

Le 20 Avril 2019…

Caméra à la main, Gaspard Glanz couvre la manifestation des gilets jaunes sur la place de la République, samedi après-midi à Paris. Une grenade tombe sur lui. Gaspard Glanz estime qu’il a été visé par un policier. Il s’énerve et fait un doigt d’honneur à la rangée de CRS devant lui. Les policiers l’interpellent et l’emmènent au commissariat.

La presse relate qu’il lui est reproché d’avoir outragé les agents de police et d’avoir participé à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations.

Si le premier grief est indiscutable, et reconnu par l’ensemble des journalistes, le second est vivement critiqué. Car selon eux eux, Gaspard Glanz ne faisait que filmer les évènements. Sur Europe 1, Jean-Michel Aphatie parlera de « vengeance policière ».

Pour ces deux faits, Gaspard Glanz est placé en garde à vue. Elle durera 48 heures.


Art. 62-2 du Code de Procédure Pénale :

La garde à vue est une mesure de contrainte décidée par un officier de police judiciaire, sous le contrôle de l’autorité judiciaire, par laquelle une personne à l’encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine d’emprisonnement est maintenue à la disposition des enquêteurs.


Le 22 Avril (jour de son 32ème anniversaire), à l’issue de sa garde à vue, Gaspard Glanz est présenté au Parquet de Paris. Peu avant 20 heures, la Justice lui notifie son placement sous contrôle judiciaire . Parmi les obligations qui lui sont notifiées, l’interdiction de se rendre à Paris les samedis et le 1er mai jusqu’à son procès en octobre. Gaspard Glanz y voit une entrave à son métier de journaliste et à la liberté d’expression.

Gaspard Glanz« Je fais confiance à mes avocats pour aller librement samedi prochain ou le 1er mai, mais avec ou sans autorisation, j’y serai, quelles qu’en soient les conséquences. Parce que je suis journaliste en France, dans un pays de liberté. Oui, je me suis emporté, j’ai fait un doigt d’honneur à un policier parce que je m’étais pris une grenade, j’ai encore le trou dans mon pantalon si vous voulez voir. Est-ce qu’Alexandre Benalla a passé plus d’heures en garde à vue que moi ? Non. Est-ce qu’Alexandre Benalla a un contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre sur des lieux en France ? Non. Et mon statut de journaliste n’est pas reconnu. Alors que c’est la source à 100 % de mes revenus depuis dix ans. (…) Il va falloir que ça s’arrête. »

Mais dans la profession, certains se désolidarisent Christophe Barbier le considère davantage comme un militant que comme un vrai journaliste. « Non, la garde à vue de Gaspard Glanz n’est pas un scandale. On ne fait pas des doigts d’honneur à la police. Etre journaliste, c’est faire preuve de professionnalisme en toutes circonstances.

Hier, Gaspard Glanz a annoncé qu’il porterait plainte contre les policiers pour les violences qu’il aurait subies pendant sa garde à vue et lors de son arrestation. Et menace :

Si je me fais ré-attraper samedi dans la manif’ et qu’ils me mettent en prison parce que je filme des manifestants, qu’ils le fassent, qu’ils osent le faire. Allons-y. Si on est vraiment en démocratie et qu’on en arrive là, allons-y.  Si j’avais peur, j’aurais arrêté depuis longtemps.

Mais Gaspard Glanz oublie que la Justice, elle non plus, n’a pas peur. Le militant/journaliste se dit fortement soutenu. En cas d’incarcération, il sera seul. Très seul.

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Moustic
Invité
Moustic

La position du journaliste est correcte , l’attitude de la police est exagérée et meme intolérable .

Pangloss
Invité
Pangloss

La garde à vue est de plus en plus souvent détournée de son objet pour devenir une peine de prison à la discrétion de la police et dans ce cas du pouvoir politique. Glanz a des opinions qui déplaisent et on le lui fait savoir.
Je me souviens du temps où dire « Mort aux vaches! » n’était pas si grave que ça.