Benalla a la santé

Cerné. L’homme est cerné. A quelques heures de la publication d’un rapport accablant du Sénat sur les relations entre Alexandre Benalla et l’Elysée, la Justice a perdu patience et ordonné l’incarcération de l’intéressé. Ainsi donc, hier soir, Alexandre Benalla a passé sa première nuit en prison.

Dans un précédent article, je vous ai expliqué la procédure de révocation d’un contrôle judiciaire. Bien sûr, en l’espèce, les enregistrements publiés par Médiapart ont joué un rôle clé. Alors, pour contre-attaquer, et surtout, faire capoter l’incarcération, Alexandre Benalla conteste leur validité .

Car le temps presse.

Dès après l’audience, ses avocats ont déposé un référé-liberté, c’est-à-dire une demande de libération. C’est dire s’il s’y attendaient ! Cette requête a saisi le président de la chambre de l’instruction qui devra statuer dans les trois jours , par voie d’ordonnance non susceptible de recours.

Vendredi, nous saurons donc si le Magistrat :

  • infirme la décision de placement en détention provisoire : Alexandre Benalla sera remis en liberté . Un placement sous contrôle judiciaire ou une assignation à résidence pourront assortir cette libération
  • confirme le placement en détention provisoire : Alexandre Benalla restera incarcéré durant le temps de l’enquête.

En même temps, les Sénateurs ont saisi le Parquet contre celui qui, en Juillet dernier, voulait « les bouffer ». Pour l’instant, silence radio de l’Elysée qui s’est montré bien « léger ». Sans oublier le Russe qui dans l’ombre, doit se dire qu’on l’a laissé tomber.

Pour résister à de telles pressions, Alexandre Benalla a vraiment la santé !

Benalla, une affaire d’Etat ?

Résultat de recherche d'images pour "qui ?"Emmanuel Macron veut savoir. Qui a enregistré Alexandre Benalla et Vincent Crase en Juillet dernier ? A cette fin, le Premier Ministre a saisi le Parquet de Paris.

Qui a ouvert une enquête.

Et l’on apprend qu’hier, 7 Février, Marie-Élodie Poitout, responsable du groupe de sécurité du Premier ministre a démissionné. Officiellement « pour écarter toute polémique » même si elle dément avoir organisé la rencontre entre Benalla et Crase, puis de les avoir enregistrés.

Démission ou départ forcé ?

L’AFP révèle aussi que le compagnon de Madame Poitout, Chokri Wakrim, est soupçonné d’avoir aidé Alexandre Benalla à négocier un contrat russe alors qu’il travaillait encore pour E. Macron. « En attendant que la lumière soit faite sur ces allégations », le militaire a été suspendu à titre conservatoire avec effet immédiat. On ne voit pas ça tous les jours… C’est dire l’importance des soupçons!

Le contrôle judiciaire d’Alexandre Benalla

Dans un précédent article, je m’étonnais de l’élasticité du contrôle judiciaire d’Alexandre Benalla. Notamment, je rappelais que l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron se rendait régulièrement à l’étranger et qu’ainsi, la Justice prenait le risque de ne jamais le revoir.

Nous savons que parmi les obligations qui lui furent imposées, Alexandre Benalla avait celle de ne pas entrer en contact avec les co-auteurs de l’infraction. Or, nous avons appris que le 26 Juillet, il a rencontré Vincent Craze ; un enregistrement l’atteste.

Ainsi donc, Alexandre Benalla a manifestement violé les obligations de son contrôle judiciaire.

Désormais, le Juge d’instruction peut demander au Juge des Libertés et de la Détention de révoquer l’ordonnance de placement sous contrôle judiciaire et d’ordonner la détention d’Alexandre Benalla. Cette demande donnera lieu à une audience au cours de laquelle l’Avocat expliquera pourquoi son client a violé les obligations de son contrôle judiciaire.

En cas de révocation, Alexandre Benalla sera placé en détention provisoire.

Alexandre le (trop) grand

Mis en examen, le 23 Juillet 2018, pour violences volontaires en réunion pour avoir frappé des manifestants le 1er Mai en tenue de policier, immixtion dans l’exercice d’une fonction publique, port public et sans droit d’insignes réglementés, recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection et recel de violation du secret professionnel, Alexandre Benalla fut placé sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du Parquet.

Lire la suite de « Alexandre le (trop) grand »