N’est pas Consul qui veut 👀

Dans l’Antiquité grecque, des citoyens étaient chargés de protéger les membres de leur cité dans une autre cité. On les appelait Consuls (du latin consulere qui signifie conseiller).

A partir des Croisades, les consuls se sont établis dans les ports de la Méditerranée pour défendre les intérêts des puissances commerciales de Venise, Gênes, Barcelone et Marseille. Mais aussi pour y assurer des fonctions judiciaires.

Les consuls étaient désignés par des armateurs ou des capitaines de vaisseaux qui pouvaient aussi les destituer. Puis, au fil de l’Histoire, les Consuls furent désignés par les chambres de commerce qui se sont placées sous la protection du Roi pour assurer la pérennité de leurs fonctions. En 1669, les Consuls ont été rattachés au Secrétariat de la Marine par Colbert qui a fixé, dans une ordonnance, leurs prérogatives et devoirs. Outre un rôle de police sur les marins, ils veillaient à la protection des intérêts, notamment commerciaux, de la France et de ses nationaux.

En 1793, les consuls furent rattachés au Ministère des Affaires étrangères.

Trois siècles plus tard…

Etre Consul est prestigieux. Car outre un salaire confortable (environ 4000 € par mois mais cela peut « monter » jusqu’à 12000 € par mois) , le consul administre la communauté française dont il assure la protection à l’étranger, délivre des visas et noue des relations étroites avec les autorités locales. Selon la diplomatie française, l’on compte aujourd’hui plus de 200 services consulaires établis dans près de 160 pays. Leur statut est fixé par la convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires.

Mais n’est pas Consul qui veut !

Jusqu’au 3 Août 2018, les postes de consuls généraux étaient réservés aux diplomates ; ils dépendaient du Quai d’Orsay. Le 3 Août 2018, le Président de la République a entendu réformer ce mode de recrutement : un décret a rajouté 22 postes de consuls généraux «particulièrement importants» à la liste des emplois «pour lesquels la nomination est laissée à la discrétion du gouvernement».

Parmi ces consuls nommés par le gouvernement, l’écrivain Philippe Besson, auteur d’un livre hagiographique sur Emmanuel Macron.

Le poste échappant aux diplomates français, la CFDT du Quai d’Orsay a saisi le Conseil d’Etat pour obtenir l’annulation du décret présidentiel. En effet, les diplomates craignent que l’exécutif s’immisce dans des décisions qui, selon eux, leur reviennent exclusivement. Mais aussi, que des « amis » du président soient recasés à leur détriment.

Philippe Besson ne sera pas Consul de France

Le Conseil d’Etat a statué le 15 Mars. Un jour fragile pour Philippe Besson dont la nomination fut annulée par une décision rappelant que ni le gouvernement français, ni le Président de la République n’a le pouvoir de nommer des Consuls. Cette compétence relève exclusivement du Ministère des Affaires Etrangères.

Ainsi donc , Philippe Besson ne rejoindra pas l’illustre Stendhal sur la liste des Consuls de France !