Mourir à Brunei

Des suicides à France Telecom, nous en parlerons bientôt (le procès durera jusqu’en Juillet). Car aujourd’hui, ramadan oblige, je souhaite évoquer le Sultanat de Brunei , petit Etat de 430 000 habitants sur l’île de Bornéo , indépendant depuis 1984 et sur lequel règne sans partage le Sultan Hassanal Bolkiah . L’identité brunéienne « malaise, musulmane et monarchique » y est érigée en idéologie d’État.

Il y a cinq ans, Brunei a annoncé l’application progressive de la charia. Une promesse qui en 2018, se concrétisa par l’adoption d’un nouveau code pénal particulièrement cruel, punissant le vol par l’amputation d’une main et l’homosexualité de la peine capitale.

Ces nouvelles dispositions ont suscité l’émoi de la communauté internationale. Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont exhorté Brunei à «arrêter immédiatement » leur mise en application. L’acteur George Clooney, révolté, a quant à lui appelé les riches touristes américains à boycotter l’île de Brunei et ses plages paradisiaques. Même si en Europe, il y eut peu de réactions.

La menace d’un boycott a-t-elle perturbé le richissime Sultan ? Hier soir, Hassanal Bolkiah est apparu à la télévision.

« Je suis conscient qu’il y a beaucoup de questions et de mauvaises perceptions à propos de la mise en place du nouveau code pénal» 

a t’il déclaré. Et d’annoncer qu’un moratoire profitera aux condamnés à mort par lapidation en cas d’homosexualité et d’adultère. Eh oui ! (ne riez pas !) Brunei entend ratifier la convention des Nations Unies contre la torture, qu’il a signée il y a plusieurs années.

« Il ne devrait y avoir aucune inquiétude concernant la charia, car elle est pleine de la miséricorde et des bénédictions d’Allah » a déploré le Sultan.

Mais le doute est permis. Car l’homosexualité reste un délit passible de dix ans d’emprisonnement. Et s’ils ne sont pas lapidés, les condamnés agoniseront dans les geôles. On se demande où est la clémence mais il est vrai que je suis agnostique.