Le pont Charles-Albert 🌉

Quittons, un instant, la laideur de ce monde et tournons-nous vers les Alpes ! Je vous emmène en Haute-Savoie. 🙂

Plus précisément, sur la Nationale 201, quelque part entre la belle Annecy et la riche Genève. La vitesse est (encore) limitée à 80 km/h sur cette Nationale sinueuse. Au loin, les Alpes,  majestueuses et enneigées  de Rousseau dans La Nouvelle Héloïse et de Balzac dans Le médecin de campagne.

A la sortie d’un virage, apparaît soudain le Pont de la Caille , ou Pont Charles-Albert. Surnommé « le pont des suicidés » car chaque année, douze personnes s’y donnent la mort.

Avançons vers lui.

Pendant que nous admirons le pont, les touristes affluent. Le site est en effet aménagé pour permettre aux visiteurs de profiter au mieux d’un magnifique paysage. Car le pont enjambe la vallée des Husses. Le vent souffle fort. Nous sommes à 147 mètres de hauteur.

Un peu d’histoire :

Vous l’avez compris : il existe deux ponts :

  • le pont Caquot (du nom de l’ingénieur qui l’a construit, Albert Caquot) dit Pont-Neuf, par lequel nous sommes arrivés. Construit entre 1924 et 1928 , il était initialement prévu pour accueillir une ligne ferroviaire entre Annecy et Saint-Julien-en-Genevois. Mais le projet fut abandonné et l’ouvrage,ouvert à la circulation routière. Aujourd’hui, quelques 30 000 véhicules l’empruntent quotidiennement ;
  • le pont de la Caille : il porte le nom de son commanditaire alias le duc de Savoie Charles-Albert, roi de Sardaigne, de Chypre et de Jérusalem. Il était alors difficile et dangereux de traverser les Gorges des Usses. Aussi, même si la Savoie est sous l’autorité de la Maison de Savoie en 1837, c’est le projet des ingénieurs français BELIN et LEHAITRE qui est retenu pour la construction du pont qui débute le 10 Mars 1938. Les travaux dureront 16 mois. Le pont est inauguré le 11 Juillet 1839.

Architecture :

Le Pont de la Caille est un défi architectural et technique. Construit selon la technique de pointe de l’école des câbles d’acier, il n’est pas contreventé. Ainsi, en 1861 lors d’une forte tempête, son tablier a été projeté à la hauteur des tours ! Deux groupes de douze câbles furent alors tendus de part et d’autre pour éviter le soulèvement.

Sa (longue) travée mesure 192 mètres !

Aujourd’hui classé Monument Historique, le Pont est réservé aux piétons et cyclistes.

Avant de nous quitter, je vous propose cette courte vidéo sur laquelle vous admirerez, vus du ciel , le Pont Caquot (à gauche)  puis à droite, le Pont de la Caille . Des images à vous couper le souffle !

A bientôt pour un nouveau voyage ! 🙂

Notre Dame tient bon

Emotion, effroi, enfer… Hier soir, je suis restée un long moment devant mon écran. Mon coeur saignait et ma tête hurlait de ne pouvoir rien faire pour sauver Notre Dame des flemmes.

Aujourd’hui, le Parquet de Paris a ouvert une enquête. D’où sont parties les incendies et surtout, pourquoi ? Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’en quelques minutes, huit siècles d’Histoire partent en fumée ?

Des dizaines de policiers enquêtent déjà. Nous savons que cinq entreprises rénovaient la cathédrale. Comment et par qui furent-elles choisies ? Leurs ouvriers et responsables avaient-ils les compétences requises pour ce chantier si sensible ? Mais aussi, le système anti-incendie, dont se gargarisait la ville, a-t-il bien fonctionné ? Ce matin, le Procureur de la République de Paris évoquait deux départs de feu (l’un à 18h20, l’autre à 18h45) et selon le responsable de la société d’échafaudages qui intervenait sur le chantier, aucun ouvrier n’était présent.

Bien sûr, nous n’aurons jamais de vraies certitudes. Et l’enquête sera longue.

En attendant… l’on parle de reconstruire. Les mécènes sont là ! Le groupe Arnault versera 200 millions d’euros, la famille Pinaul en a promis cent. Total, Bouygues et Lacharrière ont promis à eux trois 150 millions. Pour les moins fortunés, une souscription nationale est ouverte. Un grand concours d’architectes s’organise.

« La grande rosace en vitraux de la façade sud, côté Seine, est intacte. Le Bourdon, fondu il y a plus de 300 ans et lourd de 13 tonnes, ainsi que les autres cloches, renouvelées en 2013, sont intacts. La Sainte Couronne et seize statues de cuivre, qui avaient été décrochées de la flèche de la cathédrale pour être restaurées, ont aussi échappé au sinistre » relate Le Figaro.

C’est à peine croyable ! Notre Dame, tiens bon ! 🙂