Jawad Bendaoud en prison

Il clamait son innocence, assurant que le 18 Novembre 2015, il ignorait qu’il hébergeait les auteurs des attentats du 13, ni même que Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouhdes étaient djihadistes. Ce 29 Mars, la Cour d’Appel de Paris ne l’a pas cru. Jawad Bendaoud a été condamné à 4 années d’emprisonnement pour recel de malfaiteurs terroristes.

Pourtant en première instance, la 16ème Chambre du Tribunal Correctionnel de Paris l’avait relaxé. Une décision qui avait suscité l’émoi général et dont le Parquet Général de Paris avait immédiatement interjeté appel. Une décision dont Jawad Bendaoud s’était gargarisé. Pire ! Quelques jours plus tard, il menaçait de mort l’une des victimes des attentats

Cette après-midi, il est resté calme. Seul son avocat a crié sa colère par un « c’est consternant ; c’est une vengeance » à l’adresse des médias.

Ce soir, le logeur de Paris dormira en prison. Pour sa sécurité, il sera détenu à l’isolement.

La cour a également prononcé l’interdiction de ses droits civiques pendant cinq ans. Enfin, il devra indemniser de nombreuses parties civiles, dont des victimes des attentats.

Revenir à la raison

Au micro de RTL cette semaine et sur le plateau de BFM ce soir, l’avocate Marie Dosé a annoncé avoir attaqué l’Etat français pour non respect de la Convention de Genève à l’égard des enfants de  djihadistes français retenus en Syrie.

Paris laisse crever des enfants en zone de guerre, au mépris de toutes les règles de protection de l’enfance

a accusé Me Dosé, qui défend plusieurs familles de djihadistes.

C’est un désastre humanitaire. Que fait la France pour ces enfants, qui sont ses enfants, depuis 18 mois ?

J’ai un peu de mal à comprendre. Cinq cents victimes au Bataclan, des otages décapités, n’est-ce pas un désastre pour la France ? Les enfants de ceux qui combattent notre pays sont-ils vraiment les nôtres ?

En partant pour la Syrie, les djihadistes ont renié la France. Pourquoi accueillerait-elle leurs descendants ?

A la question posée par le journaliste (sur la photo), je réponds OUI. Et vous ?

Le bureau des légendes

Ce matin, Nicole Belloubet (Garde des Sceaux) était l’invitée de Jean Jacques Bourdin. Et, au cours de l’entretien fut abordée la question des prisonniers « radicalisés » .

Prenons un stylo et notons :

  • Nos prisons contiennent environ 500 terroristes islamistes. En 2018, une vingtaine  d’entre eux seront libérés puis une trentaine sortira en 2019.
  • A ces terroristes, s’ajoutent les détenus de droit commun (vols, stup, violences…) radicalisés. L’année prochaine, 450 d’entre eux auront purgé leur peine.

Soit, en 2019, la libération de 480 islamistes. Dont on SAIT qu’ils sont proches et partagent les idées de Daesh.

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MAIS PAS DE PANIQUE !

Quand ils sortent de prison, il y a deux mots-clés: nous anticipons leur sortie, et nous les suivons de manière extrêmement précise. L’avantage de la détention, c’est que l’on sait quand les gens sortent, donc cela permet de construire des fiches de renseignement. Nous les suivons pas à pas…

a expliqué la ministre de Macron.

Ainsi donc, derrière leurs ordinateurs, de petits bonhommes écrivent des fiches qui, l’année prochaine, raconteront la vie des islamistes. Une fiche par détenu, les petits bonhommes auront du travail… Mais ils sont là. Car si par extraordinaire, l’un des islamistes venait à disparaître (hypothèse surréaliste !), ces petits bonhommes écriront une fiche au Président.

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Ce n’est pas comme si nous étions en pleines restrictions budgétaires. Ce n’est pas comme si la Police était en sous-effectif. Ce n’est pas comme si nos frontières (qui n’existent plus dans l’espace Schengen) étaient des passoires. Ce n’est pas comme si les banlieues étaient des zones de non droit et surtout… surtout… ce n’est pas comme si en France, un individu qui a purgé sa peine ne peut plus être inquiété s’il ne commet pas un nouveau délit.

Il y a de quoi avoir une sacrée pétoche. Et cette nuit, rêver de petits bonhommes qui écrivent des fiches en se disant « à quoi bon ? »…

Boughedir, la louve

Melina Boughedir est française. C’est, en tout cas, ce que sa carte d’identité et son passeport déclarent. Car en 2015, Melina Boughedir a rejoint Daesh. Après un bref passage à Raqqa, la capitale autoproclamée de Daesh, elle s’installe à Mossoul, bastion de l’EI. Dans un reportage d’Envoyé Spécial (diffusé le 22 mars 2018), on la voit proférer des messages de soutien à Daesh et sur une photo prise dans le blindé qui la conduisait, avec ses enfants, vers le quartier général de l’armée, Mélina Boughedir sourit. Ses doigts forment le «V» de la victoire. Des sources irakiennes, citées par l’agence Associated Press, affirment qu’elle était membre de la Hisba, la police morale de Daesh. 


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Juillet 2017… On la retrouve affamée. Mossoul est libéré et son mari, mort dans les combats. Melina Boughedir est arrêtée avec ses quatre enfants.

Irak, Février 2018. La justice irakienne lui reproche d’être entrée illégalement sur le territoire. Melina Boughedir déclare regretter son départ de Melun et avoir subi l’influence de son mari qui la menaçait d’enlever ses enfants. Son avocat, commis d’office, la décrit comme une «femme au foyer» qui, à l’instar de son compagnon, n’a «pas participé à des actes de violence».

La Cour pénale centrale de Bagdad ordonne sa libération et son expulsion , dans un jugement la condamnant à une peine de sept mois de détention, alors déjà purgée, pour entrée illégale sur le territoire irakien. La France se prépare à son retour car à Paris, Melina Boughedir est visée par un mandat de recherche pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Coup de tonnerre ! La Cour de cassation ordonne un nouveau procès, cette fois-ci pour terrorisme, qui prévoit la peine de mort pour appartenance à un groupe terroriste, que l’accusée ait combattu ou non.

A l’audience, Melina Boughedir est à nouveau interrogée.

Mon mari m’a dupée.   Je suis contre les idées de l’Etat islamique. Je condamne les actes de mon mari .

Melina Boughedir porte du noir. Son dernier enfant dans les bras (les trois autres ont été rapatriés en France), son regard est perdu.

Quelques heures plus tard, le verdict tombe : la Cour de cassation de Bagdad considère que Melina Boughedir avait suivi son mari « en connaissance de cause » et que « les preuves rassemblées sont suffisantes pour condamner la criminelle à la prison à perpétuité » (soit 20 années de réclusion).

Melina Boughedir déclare aux journalistes « ne pas comprendre la sentence ». Ses avocats, eux, se disent soulagés qu’elle ait échappé à la peine de mort. Sa famille réclame son rapatriement en France mais le Ministre Le Drian s’y oppose farouchement.

« La justice irakienne n’a aucune pitié pour les accusés étrangers » titre la presse française. Mais devait-elle en avoir pour Melina Boughedir ?

A la barre #5

 

FRANCE, Lunel (Hérault)- Le Tribunal Correctionnel de Paris a statué le 13 Avril dans le premier procès de la filière dite de Lunel (une vingtaine de jeunes étaient partis faire le jihad en Syrie) en prononçant quatre condamnations et une relaxe. Considérant que Hamza Mosli et Jawad Salih, par leurs discours et leur promotion de la propagande du groupe jihadiste État islamique, avaient encouragé les départs en Syrie, le Tribunal les a condamnés respectivement à sept et cinq ans de prison.

« Hamza Mosli a joué un rôle moteur dans les décisions de certains (Lunellois) de partir vers des groupes terroristes dans la zone irako-syrienne », a expliqué la présidente. Sa peine de sept ans d’emprisonnement s’accompagne d’une période de sûreté des deux tiers.

Deux des autres prévenus étaient accusés d’être des « revenants » de Syrie. Ali Abdoumi, 47 ans, qui soutenait n’être allé qu’en Turquie, a été condamné à sept ans avec deux tiers de sûreté. En raison notamment de ses dénégations persistantes, le tribunal s’est interrogé sur « son devenir et sa dangerosité ». Adil Barki, 39 ans, avait passé quelques semaines au sein du groupe jihadiste « L’armée de Mahomet », où il avait été affecté à l’intendance en raison de crises de panique. Il a été condamné à cinq ans.

Les quatre hommes ont été condamnés pour association de malfaiteurs terroristes et Hamza Mosli également pour financement du terrorisme.


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NANTERRE – Le Juge des Référés a ordonné la mise sous séquestre des biens immobiliers français de Jean-Philippe Smet (alias Johnny Hallyday)

au nom d’un «risque réel de transfert» avant que la justice française n’ait tranché

sur l’application de la loi (française ou américaine) quant aux dispositions du testament qui en écartent Laura et David Smet .

Fiches, fichiers et fichages

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame n’a pas survécu aux blessures infligées par Redouane Lakdim, lors d’une prise d’otages à Trèbes, dans l’Aude. Nous savons désormais  que le terroriste était fiché S comme quelques autres 20 000 personnes, dont la moitié pour leur appartenance ou leurs liens supposés avec la mouvance islamiste (djihadistes, salafistes).

Une fiche S est utilisée par la DGSI pour «procéder à la surveillance de ceux sur lesquels ne repose aucune incrimination pénale, mais qui peuvent, par leur activité, représenter à un moment ou à un autre un risque de trouble à l’ordre public ou une atteinte à la sûreté de l’État ».

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La fiche S est dont un outil de surveillance dont disposent les services de police. A cette fin, les individus sont classés en différents types, allant de « S1 » à « S16 ». Leur niveau ne correspond pas au classement de leur « dangerosité » mais aux actions à entreprendre par les forces de l’ordre. Une fiche S mentionne l’état civil complet de la personne recherchée (nom, prénom, date et lieu de naissance, sexe, nationalité, pseudo), une photo et un signalement, les motifs de la recherche et la conduite à tenir en présence d’une personne fichée « S » sont renseignés sur ce fichier. La fiche S14 correspond aux combattants étrangers partis mener le djihad sur le théâtre des opérations et qui en sont revenus. Un seul et même suspect peut être visé par plusieurs fiches.


 

Vous l’aurez compris : la fiche S est une alerte. Ainsi, en cas de contrôle d’identité, à l’aéroport, par exemple, elle signale aux forces de l’ordre que des soupçons pèsent sur l’individu contrôlé, et que tout renseignement qu’elles pourront obtenir est précieux. Car bien souvent, le but est de remonter des filières pour trouver d’autres contacts.

Prenez garde à ce que vous lirez dans la presse ou entendrez autour de vous :

  • un individu ne peut être arrêté ni expulsé au simple motif qu’il est fiché S
  • une personne fichée S peut solliciter un permis de port d’arme. Mais depuis 2016, les deux fichiers (FSPRT et port d’armes) sont croisés par les services de la Préfecture
  • la liste des individus fichés S ne peut être rendue publique. Aux termes de la loi, Maires et employeurs ne peuvent en obtenir communication. Seules les forces de l’ordre et les Préfectures en sont informées.
  • un individu fiché S n’est pas forcément surveillé en permanence. Créé en 2015, le Résultat de recherche d'images pour "fiche S"Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) recense exclusivement des individus radicalisés religieusement. Alimentée par les remontées de terrain et les appels de signalement, il contenait 15 000 à 16 000 individus en juillet 2017. Créé en 2016, le FIJAIT (fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes) recense les individus ayant fait l’objet d’une condamnation, même non définitive, pour terrorisme, ou d’une interdiction de sortie du territoire en lien avec ces activités. L’inscription au fichier peut également concerner une personne ayant bénéficié d’une décision d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental, toujours en lien avec des faits terroristes. Le FIJAIT est plus ouvert que le FSPRT. Il peut être en partie consulté par de nombreux services publics : les autorités judiciaires, les services du renseignement, certains services administratifs mais aussi les maires et les présidents des collectivités territoriales. Les informations qui y sont recensées (état-civil, adresses successives, déplacements transfrontaliers, nature de l’infraction…) sont conservées vingt ans, s’il s’agit d’une personne majeure, ou dix ans, s’il s’agit d’un mineur.
  • Seule l’existence d’une infraction peut conduire à l’ouverture d’une enquête préliminaire, voire d’une information judiciaire.

Radouane Lakdim était suivi par les services de renseignement depuis 2013, fiché S depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste. Il était aussi fiché au FSPRT et selon Le Monde, Raoudaine Lakdim avait fait l’objet d’un suivi des services de renseignement en 2016 et 2017 .